Stress & Leadership

Si on dit souvent que le Bien Être, c’est « l’harmonie entre l’esprit et le corps », le Bien être dans le milieu du travail est la résultante d’un « équilibre dynamique » entre « Soi, le Travail et les Autres ». D’autre part, ces trois facteurs sont liés respectivement par trois éléments fondamentaux : « la Capacité, la Qualité, le Relationnel ». Ainsi, la défaillance éventuelle de l’un des composants de la triade  risque toujours de faire vaciller les deux autres et favoriser la déstabilisation de l’ensemble. Pratiquement, cet équilibre dynamique est d’autant plus important dans le cadre des binômes  « Soi - Travail » et « Soi - les Autres », équilibre qui se maintien grâce à une « Tension » entre chacune des entités. Et c’est en fonction du degré de Tension chez un individu donné que s’installe ce qu’on appelle le « Stress ». Par définition, le Stress étant l’ensemble des réactions aussi bien psychologiques que physiques développées par notre organisme face à des évènements ou circonstances touchant notre intégrité. Et si d’habitude on cite le mot stress dans son sens péjoratif (cfExposé débat sur  l’impact du contexte actuel sur le travailleur et le milieu du travail ).

Il faut expliquer que le Stress c’est avant tout ce mal nécessaire qui nous pousse, qui nous motive dans ce que nous entreprenons. Le Stress qui est l’équivalent du « Trac » pour l’Artiste est cette sensation qui nous anime et qui nous donne cette envie d’avancer, d’entreprendre et d’acquérir de nouvelles choses dans le milieu ou nous évoluons. Il est clair que ce « Stress Positif » est d’autant plus nécessaire quand on travaille en équipe. En effet, grâce à cette sensation, nous allons pouvoir nous mettre au rythme d’un groupe, prouver à notre supérieur qu’on est à la hauteur de ses attentes ou montrer à nos collègues qu’on a quelque chose dans le ventre et qu’on n’est pas là par hasard !...

A ce stade, il faut donc spécifier la différence de fonctionnement entre celui qui travaille en groupe d’une part et celui qui travaille seul d’autre part; c'est-à-dire  pour son propre compte. Effectivement, ce dernier se règle par rapport à lui-même donc s’impose lui-même son propre rythme. Ainsi, sa motivation sera fonction de  l’importance ou non,  de sa prise de « Responsabilité ». Par contre, au sein d’une équipe, d’un service voire dans une entreprise, ce sont les supérieurs qui volontairement ou involontairement (car souvent sans qu’ils s’en rendent compte) instaurent  voire imposent  le niveau de stress. Et c’est par ce biais que le responsable  donne le « Rythme » ou même la « Cadence » de travail à l’ensemble de ses collègues. Pratiquement, ce  rythme de travail va dépendre de plusieurs facteurs, tels la « culture », l’éducation du chef d’équipe ou du Chef d’entreprise (ex : malagasy, européenne, orientale,…) mais aussi de sa formation et même de son tempérament. En somme, le bon Chef c’est celui qui va savoir adapter le degré de stress exercé sur un groupe dans le but de susciter le maximum de motivation  et d’en obtenir  le maximum de rendement. Et mieux, un bon leader est capable de cibler le ou les membres du groupe sur lesquels il faut exercer une « Pression » pour qu’ils servent de moteur à toute l’équipe. Mais pour qu’un tel système soit efficace, il se doit de connaître son personnel, du moins les principaux acteurs et même jusqu’à leur personnalité. Et sachons que  le maintien d’une pression trop importante autant en durée qu’en intensité  finira toujours par annihiler le dynamisme du groupe. Parmi les facteurs jouant un rôle fondamental sur la permissivité de l’individu par rapport au Stress, signalons tout particulièrement le rôle de l’Estime de Soi. Donnons deux exemples pratiques pour mieux illustrer

  • Cas n°1 : Je considère le cas d'un individu éduqué dans la stricte obéissance, celui à qui on n’a jamais appris à prendre des responsabilités, celui dont l’adolescence s’est passée juste entre l’école et la maison, sans parler des contrôles intempestifs ou des nombreuses  suspicions dont il aurait pu également subir. Il est évident que cette personne, par rapport aux autres, une fois arrivée dans le milieu du travail aura nettement moins de confiance en elle. Elle aura plus de difficultés d’adaptation par rapport aux exigences du travail et vis-à-vis des collègues.  Et même parfois, elle finit par s’isoler et les moments passés au travail deviendront de plus en plus dur, sous le régime du mal être et pouvant aller jusqu’à la culpabilisation.
  • Cas n°2 : C’est le cas du jeune qui a évolué dans un milieu plus ouvert et qui a pu prendre conscience de ses atouts et de ses limites; lui sûrement aura plus d’assurance. Et si en plus il a les capacités et une facilité de contact, l’adaptation au sein d’une équipe se fera très facilement. Mieux,  ce sera un élément clé du groupe. Bien sensibilisé et considéré à sa juste valeur, un travailleur de cette envergure deviendra logiquement un moteur de l’entreprise voire « la femme ou l’homme de tous les défis !... »

En conclusion : Le « Potentiel Humain » a toujours occupé une place fondamentale dans le bon fonctionnement d’une entreprise. En se référant aux deux cas précités, l’évaluation du personnel peut nous donner une idée de sa capacité à se  mobiliser par rapport au travail. Manager un groupe avec une majorité de travailleurs dans le cas n°1 va par exemple demander nettement plus d’énergie et de patience de la part du ou des Responsables. Alors que gérer un groupe avec plus d’employés similaire au cas n°2 va nécessiter plus de perspicacité et de subtilité. Et dans les deux cas, l’avenir du groupe va dépendre essentiellement de la qualité de son Leader. Ce qui va exiger de ce dernier d’être en même temps un dirigeant qu’un bon communicateur !... c’est tel le publiciste ou le  journaliste qui agit sur l’émotion ou le stress de son public cible. C’est comme l’avocat qui agit sur la corde sensible d’un témoin ou d’un accusé pour obtenir de lui, des aveux. Bref, diriger, c’est « manipuler » mais au second degré car il ne s’agit point d’être machiavélique. A tout instant le Bon Manager doit tenir compte de l’intérêt de ses dirigés. Le problème va même au-delà de nos entreprises car en terme de « Leadership », les besoins sont évidents dans quels que soient les domaines et  l’ouverture des frontières tend de plus en plus à l’uniformisation des normes depuis l’enseignement, les diverses formations, les productions agricoles, industrielles, etc.  La concurrence est de plus en plus rude et il est fondamental pour n’importe quelle entreprise comme pour n’importe quel pays que les employés mais aussi  les citoyens soient autant motivés que pleinement engagés… .

08.2013

Dr Raharison

 

 

 

 

 

 

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