08 MARS - LA SOCIÉTÉ ÉVOLUE, LA VIOLENCE SUR LES FEMMES PERSISTE !...

INTRODUCTION

Le monde change, les mœurs évoluent mais la violence et particulièrement envers les femmes reste présente dans nos sociétés. D’après les chiffres de 2014, le Conseil de l’Europe rapporte que chaque jour, une femme sur cinq est encore victime de violence sur le territoire européen. A Madagascar, en 2009, d’après une enquête de l’ENDA Océan Indien et l’IRD, sur les femmes de 15 à 62 ans interrogées à Antananarivo, 65 % ont déjà subi au moins une forme de violence. Au Canada, sur les femmes mariées ou en concubinage, 3 sur 10 ont déjà été victimes de violence et 21 % d’entre elles l’ont même vécu pendant la grossesse. Aux Etats-Unis, une femme serait battue par son partenaire toutes les 15 secondes et en Afrique du Sud, une femme serait violée toutes les 23 secondes. Dans un volet plus spécifique et qui mérite sûrement d’être cité, rappelons que lors des conflits armés et les guerres civiles, les missionnaires des nations unies ont dénombré 100 000 à 250 000 femmes violées en trois mois de génocide au Rwanda. D’autre part, les milices armées ont violé plus de 60 000 femmes pendant la guerre civile en Sierra Leone, plus de 40 000 pendant le conflit au Liberia et environ 60 000 dans l’ex-Yougoslavie. Dans ces derniers cas, la violence et le viol sur les femmes constituent même une arme de guerre, une bombe au service du génocide,…

 

HISTORIQUE

Dans l’ensemble, en ce XXlème siècle, on peut dire que l’éducation pour tous, les avancées de la technologie, la modernisation et le confort de vie ne constituent donc pas une garantie de la baisse de « l’animosité » de l’humain sur son semblable et encore moins de l’homme vis-à-vis de la femme voire sur sa propre femme. C’est sûr que s’agissant des violences conjugales, les maris ou les compagnons peuvent en être les victimes mais à l’exemple du Canada, dans 8 cas sur 10, c’est la femme qui est la plus concernée. Depuis quelques années, dans plusieurs pays, pas mal d’efforts ont été effectués en termes de campagne de sensibilisation pour le droit de la femme et plus particulièrement contre la violence sur les femmes. Et pour plus de crédibilité et d’efficacité, une impulsion internationale a même été mise ne place car l’année 1975 a été désignée par l’ONU, Année Internationale de la femme. Une " Décennie des Nations unies pour la femme " a même été commémorée de 1975 à 1985. Puis depuis 1977, la date du 08 Mars a été reconnue officiellement par les Nations Unies, « Journée Internationale des Femmes », à la mémoire de la première manifestation des ouvrières américaines du textile en 1857 puis plus tard, celle de Saint Petersburg en 1917.

 

MON ENFANT, JE TE TRANSMETS « MA VIOLENCE » !...

Depuis toujours, l’homme se considérait supérieur à la femme. Un précepte culturel datant de la nuit des temps faisait de lui le chef par rapport à sa compagne. Et malgré toutes ses années, la culture et l’éducation, dans de nombreux pays, véhicule toujours cette domination de l’homme sur la femme. Le plus souvent, ce sont même les mères qui, de génération en génération, transmettent à leurs filles combien elles doivent se soumettre  à « l’homme de leur vie ». Mais si généralement, ce principe sur la supériorité du genre masculinn’est pas toujours évoqué de vive voix auprès des garçons de la famille, on peut dire qu’il se fait par omission ou du moins par des sous-entendus.   Dans plus de 65 % des mariages célébrés dans le monde, certaines formules datant du moyen âge restent encore valables : l’homme doit mériter sa femme, il lui doit « protection et sécurité ». Et la contrepartie est on ne peut plus claire : « sa femme lui doit respect et obéissance ».

Rappelons-nous l’image véhiculée par les contes et les légendes de notre enfance et que les parents depuis le XlX ème siècle racontent encore et toujours à leurs bambins. Cette histoire du chevalier ou du prince, jeune fort et beau qui brave tous les dangers pour démontrer sa force et son courage en enlevant ou en délivrant sa dulcinée. Un scénario qui démontre combien « L’Amour n’a pas de prix ! » selon certains, alors que d’autres pensent que  c’est juste beau ou mignon, bref, romantique. Mais cette image de l’homme qui au péril de sa vie va conquérir la femme de ses rêves, ou la créature de son choix, ne signifie t’elle pas que cette dernière, au minimum lui doit reconnaissance et au pire doit faire acte d’allégeance envers son sauveur?... Cela confirme combien cette notion de supériorité de l’homme sur la femme a une attache profonde dans les cultures et même intrinsèquement dans l’éducation de nos enfants.  

 

D’autre part, rappelons que les valeurs que nous transmettons à nos enfants passent essentiellement par ce  qu’ils vivent au quotidien, qu’ils soient acteurs directs ou non. Cela passe par nos discussions, nos attitudes et comportements,  Ce que nous leur apprenons, les petites histoires que nous leur racontons ou par leur propre lecture. Le rôle joué par leur environnement est aussi important, les différents actes, qu’ils les vivent ou qu’ils les subissent. Le cas particulier des scènes et des images vu ou vécu par l’enfant  est fondamental car son  cerveau  les enregistre préférentiellement. C’est le cas  des séquences qu’ils suivent à la télévision, des faits qu’ils peuvent subir et même malgré eux à la maison : insultes, disputes voire violences. La répétition de tels actes et surtout de la part des parents,  risque de conditionner la vie de l’enfant à court, moyen ou long terme. N’importe quel enfant vivrait mal, voire très mal, le fait que ceux  qui sont censés représenter les valeurs, la référence, l’autorité, se querellent ou se déchirent devant ses yeux. Le pire dans ces  situations, c’est que l’enfant témoin de la répétition de tels actes violents, indépendamment de sa volonté, peut être amené à prendre position. Mis en porte-à-faux et tiraillé par l’émotion qui à cet âge là prime largement sur la réflexion, il peut très facilement se positionner en faveur de celui qui exerce la violence ou au contraire s’identifier à la victime. Et ce seront les conséquences de cette prise de position par rapport à l’un ou l’autre parent qui va l’amener dans des situations et des équilibres …

Beaucoup plus tard, devenant adulte, plusieurs possibilités pourraient se manifester chez cet enfant. Citons quelques cas d’école:  

 - La femme ou l’homme qu’il va devenir sera contre toute forme de violence et d’emblée va l’exprimer d’une manière ou d’une autre, en temps et en heure à son ou sa partenaire.

 - La femme qu’elle sera va accepter malgré elle la violence que pourrait exercer son ou ses partenaires successifs. Une expression dit: Elle est tombée dedans en étant petite.

- L’homme qu’il deviendra va au contraire calquer l’attitude du paternel et sans vergogne violenter les femmes ou sa propre  femme.

- Mais le changement avec le temps n’est pas exclu. A priori, l’adulte qu’elle ou il est devenu peut afficher voire revendiquer une attitude « antiviolence ». Par contre, en fonction de la personne qui va vivre avec lui (ou elle), et au fur et à mesure des années et des circonstances de vie, tout peut changer du jour au lendemain. Là encore, plusieurs facteurs vont entrer en jeu. Le plus souvent, ce sont des éléments qui peuvent déstabiliser la vie du couple. A partir du moment où certains produits (alcool, drogue) ou certaines situations (problèmes de finances, de jalousie, d’infidélité,…) changent le quotidien du ménage, la notion de violence tant refoulée risque de revenir en surface. Ainsi, au pire, le mari qu’il est devenu va finir par cautionner l’attitude de son père et qui sommeille depuis longtemps en lui. Pour le cas de la femme, les mêmes circonstances de vie peut la faire basculer et glisser dans la peau d'une victime; malgré son "Avant-gardisme" affiché au départ. La soumission et la violence vont finir par la rattraper, à l'image de sa propre mère. Le cas inverse n'est pas exclu car l’homme dont le père était violent peut finir par devenir victime et la femme, au contraire de sa propre mère, devenir « le bourreau ».

 

L’AMOUR EN HÉRITAGE

La Violence faite à une personne peut être psychologique, physique voire sexuelle. Elle peut exister autant dans le cadre familial (violence conjugale ou parentale) que dans les différents milieux sociaux et sous des formes très diverses (agressions et harcèlement sexuel, viols, esclavage domestique, traite des femmes et prostitution forcée, mutilations sexuelles). L’imposition d’une « Loi du Silence » fait de certains témoins, des coupables à vie et de la victime une écorchée vive. Au sein d’une famille, une telle blessure laisse toujours une cicatrice plus ou moins grande et tôt ou tard, un quelconque évènement risquerait toujours de la raviver.   Pour lutter contre de telles violences perpétrées sur les femmes, les Nations Unies ont mis en place différentes structures organisationnelles et de nombreuses campagne de sensibilisation. Ainsi, « la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes » a été adoptée le 18 décembre 1979. 186 pays dont Madagascar sont signataires de cette Convention. Quant à la date du 25 novembre, elle a été fixée pour commémorer l’assassinat en 1960 des 3 sœurs Patria, Minerva et María Tereza Mirabal, héroïnes et martyrs de la lutte contre le Dictateur Rafael Trujillo de la République Dominicaine. Une telle Convention est un symbole fort de la part de toutes ces nations mais la question se pose : Comment faire pour qu’il y ait un impact dans les différentes cultures, dans le cadre de nos sociétés ?... .

 

Pour Psymada, une chose est sûre, la solution valable car préventive est celle passant par le biais de la Famille elle-même puis du Couple et Parents en particulier.

« Si, à notre enfant, nous pouvons léguer et même sans le vouloir la violence, heureusement nous pouvons également lui transmettre, et même sans modération, l’Amour qui est en nous ou au sein de notre couple !... ».

Soyons, on ne peut plus clair: " Un individu ne peut pas aimer s’il n’a pas lui-même reçu de l’Amour !... " Et tous Parents qui se respectent se doivent de donner l’exemple à leurs enfants !...

 

Ci-dessous,  vos  Contributions sont les bienvenues. D'avance, MERCI !...

 

Dr A. Raharison

Neuropsychiatre-Psychothérapeute- Coach individuel ou de groupe

 

RESSOURCES /

-    Estimations mondiales et régionales de la violence à l’encontre des femmes: Prévalence et conséquences sur la santé de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire(World Health Organization, 2013).

-    Rapport périodique sur l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes - CEDAW/C/MDG/6-7 - U.N ,2014

-   Violence against Women: an EU-Wide Survey Main Results (European Union Agency for Fundamental Rights, 2014)

 

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