SCIENCES MEDICALES & HUMANISME

 

POUR UNE MEDECINE PLUS PROCHE DU PATIENT

La fusion depuis 2007, du Centre de Diagnostic Neurologique (C.D.N) et du Centre d’Ecoute, de Conseil et de Thérapie (C.E.C.T), a été décidée suite à une conviction personnelle: que les frontières entre Neurologie, Psychiatrie et Psychologie n’ont plus lieu d’être. Que toute affection qui touche le Cerveau qu’elle soit d’ordre organique, psychologique ou mental mérite d’être prise en charge de manière multidisciplinaire. Et avec les compétences nécessaires, au Centre de Diagnostic Neuro Psycho d’Antananarivo, cela fait 7 ans, qu’en véritable pionnier, nous appliquons de telles procédures.

 

L’Objectif : « Médecine spécialisée, personnalisée avec recherche de l’adhésion du patient, en vu d’un meilleur suivi, d’une bonne observance du traitement et pour un résultat optimal ».

Ce type de prise en charge, nous l’avions déjà mis en pratique au niveau de l’Association Malgache pour l’Aide et l’Entraide des  Epileptiques (A.M.A.E.E.). En effet, la responsabilisation à tour de rôle, de chacun de nos 150 patients issus de milieux défavorisés, dans le cadre d’une production participative (agriculture et élevage), a permis l’achat de leurs propres médicaments. D’autre part, les ateliers théâtre, suivis de représentations en rue, avec les malades eux-mêmes comme acteurs, puis leur vécu comme scénario, ont permis de sensibiliser le grand public par rapport à leur maladie. En somme, une forme de valorisation qui a toujours contrasté avec la condamnation et même la maltraitance vécue quotidiennement par ces malades, en famille ou en société. Les autres ateliers, depuis l’apprentissage de l’écriture, aux séances d’art plastique, de couture voire de cuisine étaient pour chacun, une manière de pérenniser la confiance et la motivation en vue d’une réintégration sociale. Cette méthode qui en l’espace de quelques mois, a permis la baisse d’au moins 75 %, les crises d’épilepsie, chez l’ensemble de ces malades dont la maladie était étiquetée réfractaire au traitement, pour certains. Et ce projet, a été le Lauréat du « Concours Jean Sonnet 2005 », sous l’égide de l’Université catholique de Louvain- Belgique. ( Lien )

Et cette approche,nous la pratiquons quotidiennement dans notre Centre, en tant que médecin indépendant. Prenons le cas d’une affection donnée; citons le cas des céphalées (maux de tête) et signalons, qu’en termes de manifestations, au moins 194 types ont été répertoriés par l’I.H.S (International Headache Society). Sachons que l’origine d’un mal de tête peut être la conséquence d’une lésion déterminée, soit du cerveau soit d’une des structures environnantes. Mais la douleur de la tête peut également être d’ordre psychique ou à la limite, peut faire partie des signes exprimés par un patient victime d’une maladie mentale. Il est clair que seule une bonne procédure diagnostique, partant d’un bon questionnaire, d’un examen clinique bien conduit puis soutenue par des examens complémentaires adéquats et en plus bien interprétés, peut en préciser l’origine et aboutir à une guérison du patient. Et dans certains cas qui le nécessitent, nous allons jusqu’à proposer un accompagnement dans un groupe de parole voire des séances de coaching en intra muros ou dans diverses Associations et Entreprises partenaires. 

A l’inverse, considérons un patient qui sort de chez un médecin, encore plus douloureux qu’avant son rendez-vous. En plus, il se sent fortement coupable car le soignant, après une brève observation, et sans la moindre investigation, lui a balancé que sa douleur ne pouvait être que psychologique. Ce qu’il aurait retenu de cette consultation : c’est qu’il est la cause de sa propre souffrance.  Cette personne, venue chercher un minimum de compréhension et mieux, un soulagement, au contraire, se voit victime de ce qu’on appelle une « double peine ». Pire car désormais il pourrait dans un premier cas, s’éloigner de la médecine conventionnelle et se laisser attirer par n’importe quelle personne capable de l’écouter et quelque soient les soins qui vont lui être proposés. Deuxième cas, il va errer d’un confrère à l’autre perdant toute confiance envers les praticiens et à chaque fois il sera insatisfait. Enfin, en troisième recours, il pourrait se jeter dans l’automédication et sans soucis des diverses conséquences, souvent graves.

Mais pour revenir aux trois disciplines médico-psychologiques précitées (neurologie-psychiatrie-psychologie), si les professionnels ont longtemps été à l’origine de leur cloisonnement respectif; au contraire leur complémentarité favorise, dans une démarche diagnostique, l’ouverture d’un éventail nettement plus large, d’outils décisionnels. Au final, on s’autorise une meilleure identification de la pathologie du patient donc forcément, une thérapeutique bien plus adaptée. Et justement, un des bénéfices majeurs de cette approche tripartite, l’utilisation récente des « NEUROSCIENCES COGNITIVES »: une formule qui pousse l’individu à exploiter au maximum les facultés de son cerveau. On vise à sortir la personne de l’esclavage infligé par ses émotions et ses affects; véritables poisons de la vie quotidienne. Dans le meilleur des cas, pour qu’il arrive à être Maître de son choix, responsable de ses actes: c’est l’éternel question du « Libre arbitre » ?...

 

Sans vouloir comparer mais dans cette même approche multidisciplinaire et même si la gamme est nettement plus élevée,  citons que 600 chercheurs (cliniciens, biologistes, comportementalistes, informaticiens,…) collaborent à Paris, depuis seulement 2010, dans le cadre de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière. Rapportons aussi que depuis 2013, à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, le « Human Brain Project », regroupe d’imminents scientifiques de 90 universités issus de 22 pays pour un budget de Un milliard d’Euros pour dix ans. Et en parallèle, le président Barack Obama lui-même a décidé de lancer à partir de cette année 2014, le programme « BRAIN » un véritable défi regroupant Neurosciences et High Tech, doté d’un budget de 100 millions de dollars en vue de décoder notre cerveau et de déterminer une carte la plus fidèle possible. Objectif final de ces différents projets, associer cerveau et robotique mais essentiellement lutter contre les maladies telles que les Démences dont la maladie d’Alzheimer, l’Epilepsie, la maladie de Parkinson, la Sclérose en plaque, la Sclérose Latérale Amyotrophique, etc. Mais les deux différences majeures entre ces projets et notre pratique en cabinet, c’est d’une part le budget (cela va de soit) et d’autre part l’objectif car pour ces cas, il est presqu’exclusivement scientifique. Enfin, en toute humilité, cette multidisciplinarité, nous en étions convaincus bien avant ces grandes nations.  

Et dans cette optique, si en ce 21ème siècle, de plus en plus, des malades se plaignent d’être confondus à de simples numéros et la santé, devenue un véritable business, pour le Centre de Diagnostic Neuro psycho,  depuis 2007, nous avons décidé d’associer « Médecine Scientifique & Approche Humaniste ». C’est un véritable défi qui réellement, nous donne plus de sens mais aussi d’intérêt à notre profession. Et parallèlement, nous offrons plus d’espoir et de satisfaction à nos patients qui en même temps, se rendent compte de la considération qu’on leur porte et des efforts qu’on leur consacre. Cette empathie si chère à l’individu génère la confiance de la part du patient et de sa famille et logiquement, un meilleur partenariat entre soignant et soigné. Grâce à cette démarche, nos résultats sont meilleurs et forcément notre motivation encore plus grande. Enfin, pour nous, l’enrichissement intellectuel qui en découle est un plus pour la pérennité des efforts et du travail !...

 

Dr Raharison

 

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